Ressources naturelles du Sahara Occidental et application du droit international

Article rédigé pour Planète Paix – Dec. 2018 – P.18
Colloque international des 19 et 20 octobre 2018

Ce colloque était organisé par l’association des Amis de la république Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD), en partenariat avec la Ville de Gonfreville l’Orcher (76) jumelée depuis 1993 avec la daïra de J’Réfia, et avec le concours de l’Observatoire Universitaire International du Sahara Occidental (OUISO) de Paris-Descartes. Ce colloque s’adressait à tous ceux qui s’intéressent aux questions liées à la décolonisation, à l’autodétermination et à l’application effective du droit international. Pour les 150 participants à ce colloque, venus de partout, la douzaine d’intervenants invités ont semblé tous experts en leur domaine. Nous retiendrons cependant les premières interventions des géologues et hydrogéologues de l’université de Rennes et de Barcelone.

Cartes à l’appui, ils ont démontré que la quantité d’eau disponible au SO couvrait largement les besoins de populations dans les territoires occupés si elle est exploitée raisonnablement et si on évite la contamination des aquifères par des intrusions d’eau salée de la mer;  cette ressource  en partie fossile est partiellement renouvelable et  nécessaire à la population mais elle ne peut venir que des eaux souterraines, voire du dessalement!; ils font le constat que le Mur de plus de 2500km  construit du Nord au Sud par le Maroc  correspond à la limite géologique des principales ressources qui se trouvent… du côté des territoires occupés!! et « 2473 dossiers correspondant à des études géologiques des territoires libérés ont disparu des 10262 dossiers recensés en Espagne » signale Moïses PONCE DE LEON!

Saleh LEHBIB NAYEM, a rappelé l’importance du phosphate sahraoui du gisement de  Phosboucraa, avec 1,4 milliard de tonnes  de réserves estimées, un des plus grands gisements au monde exploitable à ciel ouvert, mis en exploitation à partir de 1962  et propriété depuis 2002 exclusivement de L’État marocain, mais dont à peine la moitié seulement des employés sont originaires de la région.

La variété confirmée des ressources du sous-sol en minéraux métalliques, non métalliques et énergétiques ainsi que des roches industrielles  (fer, titane, or, chrome, nickel, platine, indices de terres rares, phosphates, sel, gaz, sable, marbre …) est également impressionnante. M Ghalil SBEIR  a appelé à les protéger.

Par ailleurs, et sur cette toile de fond de richesses, donnant suite aux arrêts de la Grande Chambre de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) l’avocat Gilles DEVERS a rappelé quatre principes :

  1. le Maroc et le Sahara Occidental sont des territoires distincts et séparés;
  2. le Maroc n’a pas de souveraineté sur le SO;
  3. Est éliminée une fois pour toutes la notion d' »administration de facto »; il s’agit bien d’occupation d’un territoire non autonome et d’une zone de guerre;
  4. Seul compte le consentement du peuple sahraoui (et non celui de la population de colons marocains transférés et devenue majoritaire au fil de ces 43 années d’occupation).

La Commission Européenne, avec la complicité de Moscovici, tente encore de contourner les conséquences de cette législation, précisément en matière d’agriculture et de pêche -alors que le Front Polisario est reconnu comme le seul représentant du peuple du Sahara Occidental par l’ONU depuis 1979! Plus précisément, les 54 millions que l’UE a versés au Maroc va aux investissements pour le développement du secteur de la pêche marocain- ce qui renforce l’occupation illégale de ce territoire; d’autant plus que la Zone Economique Exclusive (ZEE) du Maroc ne saurait inclure les eaux sahraouies d’un territoire qui ne lui appartient pas…

C’est dans ce contexte, et pour crime de colonisation, que le Front Polisario a aussi déposé plainte auprès du Procureur de Paris contre les banques qui ont ouverts des guichets dans ce territoire sahraoui, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Axa, Transavia, mais aussi contre l’UCPA association de vacances française qui organise des séjours à Dakhla, ou le groupe français de fruits de mer Chancerelle, producteur de la marque Connétable, qui vend des produits à base de poisson du SO sur le marché de l’UE, dénommés « origine Maroc », ou encore l’usine Olvéa à Fécamp qui utilise les chargements d’huile de poisson provenant illégalement du SO occupé.

Il s’agit donc bien de pillage multiforme contre lequel il est indispensable de s’approprier le travail de la justice pour soutenir nos plaidoyers politiques en faveur d’un référendum d’autodétermination et du respect des droits de l’homme et des prisonniers politiques, en lien avec l’intergroupe « Paix au Sahara occidental » du Parlement européen.


Pour en savoir plus:

programme complet sur le site de Gonfreville l’orcher

– et diverses données sur www.wsrw.org

Mireille BRUN, le 19 novembre 2018


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